Chers freres et soeurs, oui profitez de ce temps de Carême et de confinement pour vous détacher du bruit de ce monde. Ne cherchez pas dans les nouvelles si un médicament ou un vaccin seront trouvés. Dieu nous apportera les remèdes le moment venu. Comme tout fléau et le remède qui le soignera, il est amer. Nous sommes tentés par le malin de ce que nous voyons (les églises fermées, la maladie qui frappe au hasard, les morts, l’arrêt de toute activité humaine ) et nous craignons pour l’avenir. De surcroît, les prolégomènes d’un schisme au sein de l’Orthodoxie ( Ukraine, Constantinople) sont aussi perturbants comme si tout s’effondrait: nos certitudes, nos aveuglements aussi. Dans ces temps troubles, un seul remède: nous tournez vers Dieu avec confiance. Quand Job fut tenté par un “ulcère malin”, sa femme le persuada de réagir ” et dit: ” pourquoi persévérer dans ton intégrité . Maudis donc Dieu et meurs?”. Et Job de lui répondre :” tu parles comme une folle. Si nous accueillons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur “?. Ces événements nous sont connus si vous relisez l’Apocalypse et profitez de ce temps pour redécouvrir ces révélations de Saint Jean. Elles nous encouragent à nous préparer à la Parousie, la fin de ce monde et à garder la prière chevillée au corps et la confiance en Dieu. Qu’avons-nous à nous étonner des catastrophes qui agissent dans ce monde? Nous les connaissons. Nous devons prier pour ceux qui meurent, ceux qui sont exposés aux risques, pour nos gouvernants afin qu’ils prennent de bonnes décisions, éclairées par le Saint Esprit. Nous avons conscience des fautes graves de ce monde et demandons l’intercession des Saints, de la Mère de Dieu pour nous pardonner ces fautes en espérant que nous, les hommes, nous changerons nos modes de vie. Et là il est indispensable que nous nous joignions à la prière de l’Église en lisant la prière contre les épidémies. En ce temps de Carême, ma pensée m’incline plutôt à prendre mes distances avec toute sorte de débats, discours, annonces afin de garder la paix de ce confinement. Tenez vos règles de prière matin et soir, ajouter le moleben, réconforter vous avec les psaumes, aimez ceux que le Seigneur reçoit et confiez lui ceux qui luttent, soignent, servent la population et se sacrifient. Cette période bouleversera notre monde et on voit bien à quel point le rythme effréné de l’activité humaine, la consommation maladive détruit la création. Où sont les bons voeux du Nouvel An? Sans l’aide de Dieu, l’Homme ne fera rien. Or il se détourne de Dieu et tout est vain. On en reparlera. Dans cette crise nous demandons aussi au Christ de nous pardonner notre orgueil, notre relâchement spirituel au point aujoud’hui de ne plus pouvoir communier… Alors il nous faut veiller aujourd’hui comme demain:” ainsi tenez-vous prêts, car c’est à l’heure que vous ne pensez pas que le Fils de l’homme va venir” ( St Matthieu 24/ 44). Oui, nous avons été surpris de ce confinement qui nous éloigne, par ses effets, de la Communion, des sacrements. Et nous prenons conscience de l’absence de l’Unique essentiel dans nos vies et que cela nous manque. Cette expérience est dure mais elle est pleine d’espérance pour notre vie spirituelle.
Alors chers frères et sœurs, je me réjouis d’abord de vous savoir en bonne santé et désireux de garder la parole salvatrice de Jésus dans vos vies. Je vais servir la panykhyda à 11h et prier avec vous pour nos défunts. Demain, nous célébrerons la Liturgie et toutes vos intentions de prières seront portées à Dieu dans l’Eucharistie. Veillez, priez, profitez de votre famille, appelez vos proches plus éloignés, des paroissiens seuls, soutenez vous les uns les autres, gardez un oeil distrait ou tout le moins limité au strict minimum de l’actualité et pensez à Pâques!
Que le Seigneur nous donne Sa Grâce et Sa bénédiction.
Seigneur Jésus-Christ Fils de Dieu, aie pitié de moi, pauvre pécheur !